Formidable double vernissage ce soir à Paris pour célébrer l’œuvre photographique d’Irina Ionesco ! Emmanuel Pierrat est évidemment un peu de parti pris car Irina l’a désigné comme exécuteur testamentaire et héritier de son travail commencé lorsque son conjoint, le peintre Corneille (du mouvement COBRA), lui a offert un Rolleiflex, lui faisant presque totalement abandonner le dessin qu’elle avait commencé avec brio en Roumanie, enfant, dans les années 1930 en parallèle d’un début de carrière comme artiste de cirque… Emmanuel Pierrat a été l’ami fidèle et l’avocat pro bono d’Irina jusqu’à son décès, en 2022. C’est donc un bonheur que de voir plus de quatre-vingt de ses images des années 1970 et 1980 accrochées sur les murs des galeries Rachel Hardouin et La Lison (portée par Valérie Dufour), toutes deux installées dans le 10ème arrondissement de Paris. Merci d’ailleurs aussi à Jonathan Abbou pour sa précieuse intercession. C’est visible jusqu’au 6 mai et les clichés de ce soir ne rendent pas hommage à ces deux expositions de noirs et blancs (et une poignée de tirages couleurs en complément) envoûtants – magnifiés par deux commissaires exigeantes et talentueuses – en raison du public nombreux (dont des modèles et les peintres qui ont fait son portrait), des reflets des encadrements et… de la censure des algorithmes des réseaux sociaux qui n’aime ni les seins ni les fesses ni le nu ou le déshabillé en général. Les auteures des textes accompagnant ce duo d’événements en parlent mieux que tout, mais l’idéal est que vous veniez sur place ! Irina nous faisait sourire en brandissant ses doigts tatoués de serpents : « je viens des Carpates comme Dracula. Je suis donc un peu un vampire ». On l’a traitée parfois comme telle et nous avons triomphé des piètres commentateurs au tribunal. Mais le grand des vampires, c’est qu’ils vivent éternellement. Et Irina revit assurément ce soir.

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