In memoriam Vénus Khoury-Ghata

La France a gagné un académicien franco-algérien (félicitations, Cher Boualem Sansal), tandis qu’elle a perdu Vénus Khoury-Ghata, poétesse et romancière franco-libanaise qui aurait pu, elle aussi, devenir Immortelle.


Hélas, l’Orient éternel a rattrapé cette immense Orientale francophone qui si Française qu’elle avait reçu le Grand Prix de poésie décerné quai Conti, mais aussi le Goncourt de la poésie, le Renaudot du livre de poche sans oublier le Prix de la Fondation Prince Pierre (de Monaco), etc.


Elle avait grandi à Bcharré, le « Nord des nords », dans ce village de montagne qui a également offert au Monde Khalil Gibran, auteur du célèbre Prophète et poète encore.


En 1972, 33 ans après la naissance de Vénus, l’atroce guerre fratricide au Pays du cèdre l’avait muée en parisienne.


C’est dans les salons du livre de son second pays que se sont connus Emmanuel Pierrat et Vénus Khoury-Ghata, avant de se revoir à la Foire de Beyrouth lors des accalmies, puis sur les nouvelles terres de Vénus, avenue Raphaël, ou sur celles d’Emmanuel, Rive gauche.


Elle lui apportait ses recueils avec des envois de plus en plus longs et fragiles à fur et mesure que leurs liens grandissaient, inversement proportionnels à la fragilité profitant de son allure de sylphide.


Il aimait sa voix, celle de ses vers et le simple fait qu’elle l’aimait comme on aime un ami sincère lorsqu’ils se téléphonaient ou tombaient l’un sur l’autre dans une manifestation littéraire.


Emmanuel Pierrat a recueilli ses volontés puis d’autres, au gré des oscillations dues à la réduction du temps qui la menaçait. Ils avaient souvent mélangé le tu et le vous, selon les circonstances et les époques. Ce ballet, ces allers-retour donnaient à Emmanuel Pierrat au moins l’occasion de la complimenter et d’essayer de la charmer afin de la reconquérir alors que rien ne les avait séparés.


Il existe depuis 2014 un prix à son nom. Jeunes poètes, gagnez-le et devez son égal : sachez toutefois que ni son élégance ni sa tendresse ni ses œuvres (une quarantaine de volumes édités) se seront comparables.


Alors, reprends enfin ta place, Chère Vénus, au sommet des étoiles et au plus beau de la galaxie.

#inmemoriamvénuskhourygata #vénuskhouryghata #littérature #poésie #liban

Partager

Les derniers articles à lire !